Oui ! je crois qu’on peut lui dire merci à l’herbe aux mille noms, aux mille vertus et aux mille trous.

Bien évidemment comme pour le mille pattes qui n’a pas mille pattes, ici mille n’est pas à interpréter comme le nombre mais comme un qualificatif qui veut dire beaucoup.

                                              

IMGP0350

C’est plante est une panacée, c'est-à-dire que c’est un remède universel. Ce n’est tout a fait vrai mais elle permet de soigner beaucoup de choses. Jugez plutôt, elle guérit les dépressions, la mélancolie. C’est un diurétique. Elle permet de soigner les troubles hépatiques et digestifs. C’est un anti inflamatoire on applique une préparation faite de ses fleurs macérés dans l’huile, sur des plaies, des contusions, des piqûres, des brûlures, des ulcères. Un massage avec cette huile peut soulager d’une sciatique ou de rhumatisme.
Les milles vertus sont largement justifiées. Elle a quand même un petit défaut elle possède des propriétés photo sensibilisantes, qui lui vaut une mauvaise réputation auprès des éleveurs de moutons ou de bétails. Une trop forte consommation peut entrainer la formation d’érytèmes.

 

La quantité de noms qu’on lui attribue est aussi impressionnante, les scientifiques l’appellent Hypericum perforatum, erica c’est la bruyère en grec, upo ou hyp qui veut dire presque, donc c’est une presque bruyère, je n’ai pas compris pourquoi car les deux plantes sont vraiment différentes. On l’appelle aussi chasse-diable, sans doute pour plusieurs raisons, son bois lorsqu’il est brûlé dégage une odeur d’encens et elle était utilisé pour soigner des dépressions légères, les personnes gagnés par la mélancolie était considérées comme possédées. C’est aussi herbes aux piqûres, l’herbe aux brûlures, car elle permet de soulager ces maux. Elle est surtout pour être surnommée l’herbe de la saint jean, elle fleurit fin juin début juillet, au moment de la saint Jean et du solstice d’été, c’est une plante solaire, elle est d’un jaune éclatant. Son nom commun c’est le millepertuis, c'est-à-dire le mille trous.

Les mille trous ne se voient pas tout de suite, il faut s’approcher de la plante. Lorsque l’on est suffisamment près on peut apercevoir sur les feuilles des petits points. Cueillons une feuille et plaçons face au soleil, là c’est flagrant, les petits points sont des trous. La plante semble percée de mille trous. 

                                                  mille

Pourquoi des trous ? Tout a une fonction dans la nature, ces trous en ont forcément une. Pourquoi une plante s’amuserait-elle à créer des trous. Cela n’a pas de sens.

Effectivement cela n’a pas de sens pour une bonne raison c’est que ce ne sont pas des trous.

En regardant encore d’un peu plus près avec un microscope par exemple, on se rend compte que ce ne sont pas des trous, mais des glandes sécrétrices. Et c’est l’huile essentielle libérée par ces glandes qui possède les vertus décrites plus haut. Les pétales en contiennent aussi.

Une plante aussi utile à l’homme, cela parait extraordinaire. Effectivement on peut lui dire merci et même mille fois merci. Elle était déjà utilisée il y a trois mille ans. Nous nous intéressons beaucoup à tout ce qu’elle peut nous apporter. Mais nous sommes nous intéressé à la plante elle-même. Le millepertuis n’a pas crée cette huile pour nous les hommes alors il reste une question en suspend.

L’huile essentielle qu’il produit, à quoi ça lui sert au millepertuis ? Comment utilise t-il ses glandes ?

Est-ce un poison pour une chenille ? Est-ce attractif pour des insectes ? Est-ce un répulsif ?

Etant donné la position des glandes (sur les feuilles) je pencherai pour un poison à chenille. Etant donné les propriétés photosensibilisantes de l’huile essentielle, on peut imaginer qu’une chenille qui s’attaquerai à la plante mourrait quelque temps après, grillée au soleil.

Je ne connais pas la réponse.  Tout ce que je sais c’est que le millepertuis ne fabrique pas son huile essentielle pour nous, il la fabrique pour lui dans un but bien précis. Contrairement à ce que dit l’adage populaire, la nature ne nous offre rien. La nature vit d'abord pour elle-même, l'homme grâce à son intelligence a su puiser les éléments qui lui sont utiles, mais il ne faudrait penser que le reservoir est inépuisable. La nature ne va pas se battre pour permettre la survie de l'homme, à lui de ne pas l'oublier.