cueillette

On a tous en tête l’image d’Epinal de la cueillette du gui par les druides. On voit un homme barbu aux long cheveux blancs, vêtu d’une grande robe blanche debout sur une branche d’un chêne. Déjà avant d’aller plus loin, je voudrais bien qu’un jour on m’explique comment le gars il a fait pour arriver la haut sans se salir, habillé en robe (très pratique pour grimper) avec une serpette en or. Le type il coupe du gui, et le gui tombe dans un drap blanc.

Pour savoir comment il est arrivé la haut, on peut imaginer qu’un de ces copains lui a fait la courte échelle.

Mais, le gui lui, ça m’étonnerai que quelqu’un lui ai fait la courte échelle. Ben alors, le gui ! Comment il a fait pour arriver là haut, le gui ?

gui1S’il avait fait comme tout le monde à pousser dans le sol, on ne serait pas en train de se poser la question. Mais voilà, Môssieur le Gui qui veut jamais faire comme tout le monde, a décidé de pousser sur les arbres.

Déjà juste pour faire l’intéressant, il fructifie en hiver alors que tout le monde fait ça en été.gui2

De toute façon il est la haut, déjà, on peut se demander comment il tient.

En s’approchant de plus près, on s’aperçoit qu’on ne peut pas le détacher, il n’est pas posé sur la branche. On a l’impression que la plante sort de l’intérieur de l’écorce.

En grattant un peu, on trouve des racines vert clair qui pénètrent à l’intérieur du bois. Ce ne sont pas des racines mais des suçoirs, ces appendices lui servent à absorber la sève brute de l’arbre. Le gui est un parasite, il se nourrit de la sève de l’arbre hôte. Cependant il contient quand même de la chlorophylle. Il peut se débrouiller seul lorsqu’il n’y a plus de sève, en hiver par exemple. On sait maintenant comment il tient la haut, et comment il vit. Reste à savoir comment il a fait pour arriver la haut.

Pour se reproduire, le gui a choisi un grand classique. C’est une plante à fleurs,  il fait comme les autres. Il existe des guis mâles et des guis femelles. Les mâles émettent du pollen. Quand le pollen rencontre une fleur femelle, ben, je vais pas vous faire un dessin, quelques temps après on obtient une graine. Maintenant pour faire un petit gui, il faut poser la graine au bon endroit. Et le bon endroit c’est sur une autre branche.

Et là, il y a  un problème à résoudre, comment être sur que la graine va se retrouver sur une branche. Il ne faut pas qu’elle tombe au sol, car elle n’aurait aucune chance de pousser.  Si le gui utilisait les méthodes habituelles de dispersion des graines, je veux parler de la gravité et du vent,  il y aurait  de grande chance que la graine se retrouve sur le sol .

Il a fallu qu’il trouve autre chose et il a trouvé. Et il faut bien avouer que c’est assez astucieux. Voici le stratagème qu’il a inventé. D’abord il a mis ses graines dans une petite boule blanche remplie d’une matière visqueuse et collante. Tellement collante, que lorsque l’on chauffe cette matière on en fait de la glue. Cette glue servait à attraper les oiseaux. Revenons à la graine, le gui a mis plein de bonnes choses dans cette petite boule. Ce petit cadeau est destiné à un oiseau, cet oiseau c’est la grive. Elle raffole des boules de gui. Donc elle attrape la boule avec son bec, elle va se poser un peu plus loin. Elle écrase la boule et mange la cuticule, mais à cause de la matière visqueuse, elle s’en met partout autour du bec. Elle avale certaines graines, mais il y en a qui restent accrochées à son bec. Alors pour se débarrasser de la glue,  elle frotte son bec contre la branche sur laquelle elle se trouve, en faisant cela elle dépose des graines sur les branches. La graine reste accroché grâce à la glue. Pour les graines qui ont été avalées, elles ressortent intactes, engluées dans la fiente de la grive qui est toujours posée sur une branche. Le paquet contenant les graines se retrouve à nouveau sur une branche.

Ainsi pour pouvoir continuer de faire le malin à pousser la haut dans les arbres, le gui utilise un oiseau pour aller planter ses graines. Etonnant non !